La Méthode Sherlock Holmes
On parle et on écrit beaucoup sur les croyances de nos clients, beaucoup moins sur les nôtres. Celles des praticiens. Pourtant, nous en avons, des bonnes et des moins bonnes.
Sur certains groupes Facebook, il y a parfois des “guerres de positions” et des propos pas toujours bienveillants, j’en ai fait les frais.
Les croyances sur l'efficacité des séances uniques
Je vais vous parler de la croyance qui dit que l’on ne peut que rarement aider son client en une seule séance. C’est faux. Cela m’arrive souvent. Parce que j’ai abandonné très vite cette croyance. Je le sais non pas parce que les clients ne reviennent pas 😉 mais parce qu’ils l’écrivent dans les avis qu’ils publient ou dans les messages qu’ils m’envoient.
Attention, je ne dis pas que leur problème est résolu en un rendez-vous ! Je n’ai pas cette prétention, car c’est le client qui bosse à 80%. Mais il est déverrouillé, tout simplement car la plupart du temps…c’est la croyance de mon client qui change durant la séance. Ensuite, tout ce qu’il avait tranquillement et patiemment installé se détricote tout seul, il n’a pas besoin de moi pour ça.
Je pense que les croyances du praticien sont le pire ennemi du client.
Une méthode inspirée des enquêtes
Comment je fais ? Non, pas de recadrage violent, pas de coup sur le crâne non plus.
Il s’avère même que cela se passe parfois après la séance, quand j’ai l’illumination et que j’appelle mon client pour lui confier l’indice qui vient de réveiller mes cellules grises (Hercule Poirot, sors de ce corps). Car je lis des romans policiers depuis l’enfance, un par semaine au minimum. C’est une passion.
Et je viens de réaliser que c’est la “vision de l’enquêteur” qui s’est inconsciemment ancrée dans mon fonctionnement. C’est ma méthode Sherlock Holmes.
Je ne vois comment vous expliquer ça autrement : une partie de mon cerveau travaille de manière autonome pendant la séance avec le client, il emmagasine des indices et trouve une théorie qui y colle.
Alors que la plupart du temps, la personne en face de moi a une théorie, qu’elle a élaborée ou qu’on lui a suggérée… et tente d’y faire correspondre ses symptômes !
Ce n’est pas un recadrage : je n’utilise aucun jugement, même bon ou bienveillant.
J’utilise les éléments concrets (indices) livrés par le client, mais réagencés, ré-ordonnés ou supprimés car non pertinents. Tout ça sous une forme stratégique : sans affirmer mais en posant des questions (interrogatoire). Là, la théorie initiale (le criminel) s’effondre et avoue qu’elle s’est trompée. 😀
Ce n’est pas systématique, parfois on galère, parfois cette stratégie n’a aucun intérêt.
Car il ne faut pas croire qu’il ne faut pas croire…
Élémentaire, mes chers Watson

